Chasseurs de Têtes

Le chasseur de têtes face aux Big Data

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Interview de Thibaud Chalmin - Elysées Consultants (Extraits de Reflets, revue de l' Essec Alumni Association)

Les Big Data sont un thème incontournable dans le domaine du marketing. Nous avons voulu savoir ce qu’il en était dans celui des ressources-humaines, et plus particulièrement du recrutement. Rencontre avec Thibaud Chalmin, chasseur de têtes chez Elysées Consultants. 

Comment les chasseurs de têtes font-ils aujourd’hui  pour identifier les cadres qu’ils approchent ?

Aux techniques traditionnelles du métier, l’apport des big data est venu ces dernières années révolutionner les techniques d’investigation que nous utilisons. Un cadre à la recherche d’un nouveau poste dissémine son CV à parfois plusieurs centaines de destinations. Parmi elles, il y a les fameux jobboards, ces catalogues d’offres d’emploi qui sont autant de bibliothèques de CV pour les recruteurs. Quelques exemples : Cadremploi avec ses deux millions de CV de cadres, l’APEC avec son demi-million de CV de cadres, Monster, RegionsJob, etc. Nous avons également un annuaire cumulé de tous les anciens des grandes écoles ainsi que des principaux troisièmes cycles universitaires : 1,2 millions de cadres (d’où l’intérêt de garder le contact avec l’association des Alumni de son école…). A ces bases de données, sont venus s’ajouter les réseaux sociaux professionnels : LinkedIn et Viadeo, sur lesquels plus de 80% des cadres ont aujourd’hui un profil. En tout et pour tout on estime que sur 4 millions de cadres, environ 3,5 millions sont dans les bases que nous utilisons. Seuls des personnes autistes au numérique ou travaillant dans la fonction publique ne s’y trouvent pas.
Cela a un aspect fascinant et vertigineux ! Votre camarade d’école perdu de vue depuis longtemps : il est dans nos bases. La charmante personne que vous avez rencontrée hier au cours d’un diner : elle est aussi dans nos bases. Etc…

Votre métier est donc devenu très facile !

On aimerait bien ; mais c’est plus compliqué qu’il n’y paraît… Au début en effet, quand un recruteur découvre ces bases de données, il est un peu comme le loup de Tex Avery qui atterrirait sur un site de rencontre : il est tout émoustillé ; mais il déchante assez vite… D’abord, il faut réussir à s’y retrouver. Dénicher le profil que l’entreprise cliente cherche à recruter au milieu de 3,5 millions d’autres revient à chercher une aiguille dans une botte de foin. Il n’y a pas d’algorithme de recherche vraiment convainquant. Chacune des 5 ou 6 bases que nous utilisons ont des nomenclatures spécifiques et elles sont tributaires du degré de précision et de la fiabilité des informations transmises par les candidats eux-mêmes. Pour chaque recherche il faudra employer successivement différents filtres par mots clefs, par métier, par secteur géographique, etc. En moyenne, nous visualisons au moins 1.500 profils par mission ; nous en retenons 150 ; nous en rencontrons 15 ; nous en présentons 3 ; et un seul est recruté au final. Il faut être patient et aimer chercher !
Par ailleurs, c’est nous qui faisons le premier pas vers les candidats. Or, Linkedin a révélé récemment que le taux moyen de réponse à un message sur son réseau n’était que d’environ 15%...
Dans la chasse de têtes, quand on a identifié un bon profil : tant qu’on n’a pas eu de réponse, on relance, y compris en contactant directement la personne sur son lieu de travail en passant par le standard ! Je ne compte plus le nombre de personnes qui n’avaient pas répondu à mes 10 premières tentatives de prise de contact, et qu’au final j’ai réussi à faire recruter. C’est un métier commercial : il faut convaincre.

Est-il encore utile de prendre l’initiative d’envoyer son CV à un chasseur de têtes ?

Si vous aimez jouer au loto : ça ne coûte rien d’essayer ! Il faut néanmoins se représenter le marché de l’emploi des cadres comme un puzzle à 4 millions de pièces : si chaque professionnel est unique, chaque poste l’est aussi. La proportion de chance pour qu’au même moment le poste que vous recherchez lui ait été confié au chasseur par une de ses entreprises clientes est juste épsilonesque…

En revanche, si le chasseur de têtes est certes au service de l’entreprise ; au sein de celle-ci, ses clients sont eux-mêmes des cadres qui tôt ou tard finissent toujours par se mettre en recherche. Il ne pourra pas leur proposer de poste ; mais de façon informelle il pourra leur faire bénéficier de son expertise et de son réseau. En effet, dans ses bases : il les a eux ; il a les personnes qu’ils ont besoin de recruter ; mais il a aussi leur futur patron. Les réseaux dans une carrière sont devenus plus que jamais incontournables, et les big data en sont un formidable instrument au service des cadres !

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